Sélection 2004

Le commis voyageurLe Commis Voyageur , Tome 1, Seth, Sidonie van den Dries (Traduction), Casterman, Romans Graphiques, août 2003

Entre deux cartons de ventilateurs poussiéreux, dans ce qui, jadis, constituait encore une entreprise prospère, un vieil homme se souvient de son frère. Immature, manquant totalement de confiance en lui, ce dernier représentant d’un autre temps, tentait, sans trop d’illusion, muré dans un silence pathologique, de combattre son angoisse.

Roman graphique, rehaussé d’une élégante bichromie, chronique douce et amère dédiée aux sans-grade, l’album de Seth (traduction de Clyde Fans paru naguère chez Drawn & Quaterly), se révèle un chef d’oeuvre d’intelligence et de sensibilité. Longtemps après l’avoir refermé, on entend encore sa petite musique, belle et insidieuse.

P. Gaumer

La brousse en folie, “Bienvenue à Oukontienban”, Tome 17, Berger, Librairie Montaigne, 2003

Cet album constitue le 17ème tome de La Brousse en Folie. Comme les précédents, croqués d’un crayon sûr, on y retrouve tous les personnages chers à Berger, si représentatifs de la Nouvelle Calédonie. Travers, naïvetés, roublardises, bonté, finesse des uns ou des autres sont mis en scène avec humour par ce bon connaisseur de la réalité néo-calédonienne qui contribue à sa manière au rapprochement des communautés de l’île.

” Bernard Berger est né à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. De 1977 à 1982 il vit à Paris où il fait des études d’Arts Plastiques.

Amateur de Franquin, de Reiser, des “comics” américains, du chansonnier Popec, de Molière et de Marcel Pagnol, Bernard Berger puise l’universalité du comportement humain dans l’univers très singulier de la brousse néo-calédonienne.

Il est l’auteur de bandes dessinées où se reconnaissent les communautés si diverses qui composent la population calédonienne. A travers ses bandes dessinées il nous fait découvrir les liens qui rapprochent ces communautés et génèrent une culture commune. La Brousse en folie

Paroles de parloirs, Corbeyran, Collectif, Delcourt, Coll. Encrages, novembre 2003

22 auteurs (Andreas, Balez, Bodin, Cornette, Davodeau, Duprat, Edith, Espé, Fournier, Guérineau, Joub, Julliard, Hyuna, Larcenet, Lejonc, Lemaire, Mézières, Moreno, Murat, Notamy, Sternis et Troub´s) donnent à travers vingt deux récits différents la parole aux familles de détenus. Troisième volet d’un projet coordonné par Corbeyran, cet album lève un pan de lumière sur l’univers carcéral.

 

 

 

Le Photographe, Tome 1, Guibert, Lefèvre, Lemercier, Éditions Dupuis, Collection Aire Libre, octobre 2003Le photographe

Premier volet d’une série prévue en trois tomes qui réunit la photographie et la BD. Didier Lefèvre, photographe de presse, sort pour l’occasion ses clichés réalisés à l’occasion de ses voyages en Afghanistan aux côtés de l’équipe médicale de Médecins sans Frontières qu’il accompagne dès 1986.

“En guise d’introduction par Emmanuel Guibert : Quand un reporter rentre de mission dans un pays en guerre, il ramène des centaines de photos et autant d’anecdotes. Sur ces centaines de photos, quelques dizaines sont tirées, quatre ou cinq sont vendues à la presse, et le reste, sous forme de planches-contact, échoue dans des boîtes. Le photographe, s’il aime raconter, raconte les anecdotes à ses proches. Puis le temps passe, d’autres missions, d’autres photos et d’autres anecdotes chassent les premières, et la mémoire, elle aussi, les met en boîte. Voilà comment s’endorment les histoires. Le nombre de belles histoires au bois dormant est infini. La bande dessinée est un des moyens de les réveiller. J’ai cent raisons d’aimer Didier Lefèvre. L’une d’elles, c’est qu’il est bon photographe. Une autre, c’est qu’il raconte bien les histoires. Dès les premières fois où je l’ai entendu, planches-contact à l’appui, me raconter un de ses reportages, j’ai voulu qu’on fasse un livre tous les deux. La bande dessinée intervient pour faire entendre la voix de Didier, combler les vides entre les photos et raconter ce qui se passe quand Didier, pour une raison ou une autre, n’a pas pu photographier. ” (Dupuis)

Caravane

Caravane, Olivie, Zentner, Fremok, mai 2003

Une belle invitation au voyage dans cette BD où un jeune homme étranger traverse le désert en compagnie de chameliers touaregs. Dans ces sables, il va apprendre à connaître le vent, la nuit, et surtout la caravane… A la manière d’une fable, le dessin d’Olivié s’allie aux textes de Zentner pour procurer un abandon qui ouvre l’espace à la pensée. Des séquences de trois pages qui s’ouvrent à chaque fois par une image en plein cadre. Un véritable carnet de route ponctué par l’avancée dans le désert…

 

Mardi 11 Septembre, Henrik Rehr, Vents d’Ouest, ” Romans Graphiques “, août 2003

Henrik Rehr commence son récit autobiographique le 11 septembre 2001 à New York. Ce jour-là, comme tous les jours, sa femme Evelyn part au travail en emmenant son fils aîné Dylan à l’école. Lui reste travailler à la maison en s’occupant de leur second fils de deux ans. À 8h 48, un premier avion s’abat sur l’une des Twins Towers. La suite appartient à l’histoire.Mardi 11 Septembre est l’histoire d’un homme perdu au coeur d’un événement, d’un homme face à la perte d’un être cher. Les premières pensées d’Henrik vont à sa femme, qu’il n’arrive pas à joindre à son bureau. Quand ils parviennent enfin à se parler, ils se rendent compte que ni l’un ni l’autre n’a de nouvelles de Dylan. Pour Henrik, cette angoisse lui remémore la naissance de son fils, où sa femme fut atteinte d’une grave maladie caractérisée par des convulsions accompagnées de coma. Si en apparence le cerveau n’était pas atteint, Evelyn avait pourtant perdu ses esprits, délirant constamment. Henrik s’est demandé pendant plusieurs jours s’il n’allait pas devoir commencer une nouvelle vie avec un nourrisson et une épouse devenue folle. Ces flashes-back intimes ponctuent le récit du 11 septembre où l’on suit l’évacuation du quartier et la recherche de Dylan qu’Henrik parviendra à retrouver sain et sauf.